Avent Jour 10 : Immaculée Conception

« Que soy era immaculada councepciou »


 C’est en parlant gascon que la Vierge Marie vient confirmer, en mars 1858, le dogme de « l’Immaculée conception » proclamé le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX. Cette croyance existait déjà chez les Pères de l’Église, en particulier chez saint Augustin ; elle fut réaffirmée par le Concile de Trente. En 1830, la Vierge elle-même s’était  rappelée à notre bon souvenir, en se présentant à Catherine Labouré comme « conçue sans péché », ce qui donna la « Médaille Miraculeuse », qui tient une grande place dans ma dévotion et qui enclencha vraisemblablement les interventions et les études pour la proclamation du dogme : La Vierge Marie est née sans «tache», c’est-à-dire qu’elle est née sans le « péché originel ».

Sur le plan de la foi, je crois pleinement en Marie immaculée, comprenant fort bien que Dieu ait fait une exception en voulant pour son Fils une Mère sans tache. Mais une question se pose : Marie conçue sans le péché originel, aurait-elle pu dire NON au message de l’ange ? Ce qui ramène à la question de la prédestination, vaste débat avec nos frères protestants et auquel le passage de la lettre aux Éphésiens me fait repenser : « Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ ».

Dans le parcours d’hier, parlant de la foi de Marie, j’ai retenu ce passage du texte de sœur Anne Lécu : « Marie est une femme vivante, libre, droite. Tout ce qu’elle vit nous concerne. Elle met au monde Jésus. Nous avons aussi à le rendre accessible au monde aujourd’hui. Elle est présente au pied de la Croix et elle reçoit son fils mort dans ses bras. Dans les temps difficiles que nous traversons, nous avons à être de ceux qui accueillent dans leurs bras la peine des autres. Lorsque nous fêtons l’Immaculée Conception , nous ne célébrons pas une forme de prédestination de Marie, mais nous fêtons celle qui nous précède sur un chemin qui est pour nous tous. Si elle est "préservée de tout péché par une grâce venant de la mort de son Fils", comme le dit l’oraison du 8 décembre, c’est que cette même mort de Jésus nous invite à croire que notre avenir à nous aussi est d’être immaculés, ce que dit d’ailleurs l’épître de saint Paul aux Éphésiens au chapitre 1. Marie est l’une de nous et elle nous précède dans la foi. »  

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