Ne pas surcharger ceux des païens qui se convertissent à
Dieu.
Les Actes
des Apôtres nous racontent le premier concile de Jérusalem sous la présidence
de Jacques le Juste, c’est un concile d’ouverture. La question de départ est de
savoir s’il faut circoncire les païens convertis, et plus largement s’il faut
leur imposer la loi de Moïse. C’est pour soumettre ces questions que Paul et
Barnabé sont venus à Jérusalem.
C’est
d’abord Pierre qui prend la parole, il a eu une vision avant de baptiser le
centurion Corneille qui a reçu l’Esprit-Saint tout comme les Apôtres. Il a des
paroles magnifiques : « Alors, pourquoi mettez-vous Dieu à
l'épreuve en plaçant sur les épaules des disciples un joug que nos pères et
nous-mêmes n'avons pas été capables de porter ? » Imposer ce joug,
c’est de la Loi qu’il s’agit, ce serait mettre Dieu à l’épreuve, lui qui sauve
par la seule grâce du Seigneur Jésus, ce serait le provoquer, lui manquer de
confiance tout comme leurs pères par le passé au désert. Pères qui, comme le
peuple élu du moment, n’ont pas été capables de le porter ce joug !
Pour
l’Église de Jérusalem, c’est Jacques le patron, il est moins audacieux, mais il
trouve sage de confirmer l’avis de Pierre à qui Jésus a confié son Église. Il
affirme : « Je suis donc
d'avis de ne pas surcharger ceux des païens qui se convertissent à Dieu. » Mais, Jacques est un sage, il a déjà le souci de l’unité de
l’Église, de ne pas rompre la communion entre les églises. Juifs et païens
convertis forment un nouveau peuple, celui qu’on appellera « chrétien ». Pour ne léser
personne, Jacques ajoute quelques recommandations : « s’abstenir des
souillures des idoles, des unions illégitimes, de la viande non saignée... »
Quel bel exemple que ce premier concile, exemple de confiance en Dieu, d’ouverture et de tolérance, loin d’être suivi par tous les catholiques, ou par tous les chrétiens d’aujourd’hui.
«… Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil… »
(Voltaire, Traité sur la Tolérance : prière à Dieu)

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