« Le Saint-Esprit les avait empêchés de dire la Parole dans la
province d’Asie »
« Ils essayèrent d’atteindre la Bithynie, mais l’Esprit de Jésus
s’y opposa »
« Dieu nous appelait à y porter (en Macédoine) la Bonne
nouvelle »
Dans la lecture des Actes d’aujourd’hui, ces trois phrases me
posent question. Je sais que l’Esprit souffle où Il veut, nul ne sait ni d’où
il vient, ni où il va. Dans son commentaire, Sœur Bénédicte de la Croix ne
s’attarde pas sur les directives, et s’émerveille de « la qualité d’écoute
et de docilité au Souffle du Ressuscité des premiers chrétiens ». Je
partage ce sentiment et demande aussi à l’Esprit de « faire voile au
vent » et d’agir selon ce qu’Il souhaite.
L’appel de la Macédoine est compréhensible et louable, mais
pourquoi de pas dire la Parole dans les provinces d’Asie ou ne pas aller en
Bithynie ? Saint Augustin parle de « la gratuité de l’amour de
Dieu », ce qui ne veut pas dire que Dieu prédestine ceux qui doivent être
sauvés, au détriment des autres, sinon qu’en est-il de la liberté ?
Le Frère Marie-Augustin explique dans sa méditation que nos
projets, mêmes les meilleurs, ne sont pas forcément ceux de Dieu. Nous avons le
choix, mais faire la volonté de Dieu,
n’est pas forcément faire ce que nous envisageons. Il écrit en
conclusion :
«La présence du Seigneur dans notre vie, et l’action de son Esprit, se
manifestent aussi par des rebuffades, des coups d’arrêt et des retours en
arrière où parfois pointe la déception. C’est que les dons de Dieu pour nous ne
sont pas nécessairement une validation de nos comportements ou de nos
intuitions : le don précieux que Dieu nous fait, c’est celui du discernement,
cette capacité à distinguer, à séparer, pour finalement rejeter une option et
faire un choix.
Les dons, les dons positifs du Saint-Esprit (sagesse, conseil, force…) sont
ordonnés à ce but : nous mener au bonheur, vers lequel la route n’est pas
toujours droite ! Nos enthousiasmes sont parfois des moments d’égarement :
sachons aussi accueillir nos déceptions comme pouvant être signes de la
présence d’un Dieu d’amour qui nous guide. »
À méditer sur le chemin de la Pentecôte
« Toi
qui nous donnes sans cesse ton Esprit Saint, apprends nous à chercher ce qui
est le meilleur pour vivre sans cesse de ton mystère.
Que descende sur nous la force de ton
Esprit Saint pour que nous puissions discerner ta volonté et l’accomplir tout
au long de notre vie.
Que ton Esprit habite nos cœurs et fasse
de nous une demeure de prière et de louange…
Que ton Esprit nous transforme par ses
dons et change notre cœur en un cœur que tu aimes, parfaitement accordé à ta
volonté. » (Prière liturgique)
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