Le Maître du sabbat
Encore et toujours ces sacrés pharisiens qui
titillent Jésus parce que ses disciples ne respectent pas toutes les règles
qu’ils ont inventés et qu’il faut observer pour être fidèle à la Loi.
Aujourd’hui, il s’agit encore du sabbat, tout travail, toute action est
interdite, on ne peut même pas faire le bien, ils ont reproché à Jésus de
guérir le jour du sabbat… quelle aberration, on est loin de la Bonne Nouvelle
telle que l’a comprise Saint Vincent de Paul qui disait aux Filles de la
Charité que de quitter la prière pour secourir un pauvre c’est « quitter
Dieu pour Dieu » !
C’est sabbat, les disciples arrachent des épis, les froissent et les mangent…quel scandale ! Jésus va remettre les choses à
leur juste place, Il leur avait déjà rappelé que « le sabbat a été fait
pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat ». Autrement dit ne pas
mettre sur le même pied la Loi et les moyens proposés pour aider à la
respecter. Ici Il affirme clairement : «
Le Fils de l’homme est maître même du sabbat ».
« Jésus nous rappelle, peut-on
lire dans un commentaire, la raison d’être des choses, c’est lui qui les a
voulues, il est le maître de toute créature. Il a créé le sabbat, un jour
consacré à Dieu pour aider les hommes à le mettre au cœur de leur vie, à se rappeler
la raison de chacune de leurs actions. Jésus redonne sens au sabbat, il en est
l’âme, c’est lui qui le sanctifie. Apprenons à vivre chacune de nos journées et
en particulier les moments de repos en présence de Dieu ».
Dans « La Croix » de vendredi, la Sœur qui assure
le commentaire écrit : « Je vois le carré de
l’humanité avec ses quatre coins. Limités, nous imaginons des cadres, des
règles, des codes comme celui de la Loi pour vivre en harmonie avec Dieu, avec
les autres et avec nous-mêmes. Je pense aux quatre vertus cardinales qui
accompagnent nos relations humaines : la prudence, la tempérance, la force
d’âme et la justice. Jésus a choisi de vivre toute la condition humaine sauf le
péché. Je contemple aussi la communion trinitaire qui habite la nature divine
de Jésus. Cette circulation d’amour qui cherche à nous rencontrer vraiment pour
entrer en connaissance mutuelle et y demeurer. Jésus nous propose d’entrer dans
la vie divine pour y déployer les vertus théologales que sont la foi,
l’espérance et la charité. Je suis alors émue de voir Jésus habiter le carré
limité de notre humanité et en même temps par amour ouvrir une brèche qui
permet d’aller en sortie offrir le salut pour la multitude. »
J’emprunte
encore aujourd’hui une prière à l’évêque de Cayenne : « Seigneur Jésus je te rends grâce pour ton enseignement. Il ne nous
invite jamais à nous comporter comme des enfants, ni même à vivre sans loi,
mais il nous appelle à utiliser dignement l’intelligence dont tu nous as
pourvu. Conduis toi-même mon esprit, pour qu’en toutes choses il se réfère
toujours à toi, ton exemple et ta parole. »
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