La brebis
retrouvée
La brebis sur les épaules,
c’est dans le récit de Luc, Matthieu est plus sobre et il commence par la
question aux disciples : « Quel est votre avis ? »…
L’évangéliste ne parle pas de la réaction des disciples, peut-être ont-ils
trouvé un peu fort d’abandonner tout le troupeau pour sauver celle qui s’égare.
Je ne sais pas si c’est avant ou après que Jésus avait dit que le médecin n’est
pas pour les gens en bonne santé et qu’Il est venu pour chercher les pêcheurs.
Comme il est consolant pour
nous aujourd’hui, alors que nous essayons de « préparer les chemins du
Seigneur » de savoir qu’Il nous retrouve dans nos égarements.
J’ai trouvé deux
« avis » à méditer, d’abord celui de Sœur Véronique Thiébaut
qui ne parle pas du soulagement de la brebis, mais de la joie du berger qui se
réjouit pour elle : « Il en est ainsi de la
joie de Dieu : elle est tout entière orientée vers le bonheur de
l’humanité, vers la capacité de chaque personne à accéder à la vie pleine. En
pleine difficulté, la joie de la brebis ne peut jaillir que de la certitude
qu’un berger la cherche, la trouvera, prendra soin d’elle, la portera sur son
cœur. Ainsi l’exultation des hommes n’est qu’un écho à celle de Dieu… En ce
temps de l’Avent, dans notre monde traversé par tant de crises qui le
défigurent, nos fontaines se dessécheront si nous voulons puiser l’espérance et
la joie avec nos propres forces. Exerçons-nous à les puiser plutôt à la source
de l’amour de Dieu, à l’assurance d’être aimés et accompagnés. »
Le second avis est celui du Père Joseph
CHESSERON qui actualise la parabole : « Nous vivons dans un
monde qui, trop souvent, ne donne de la valeur qu’à celui qui réussit, au
gagneur, à celui qui tient la vedette, mais qui est sans pitié pour le faible,
le non-rentable, l’inutile.
Cependant, des voix s’élèvent pour promouvoir une autre conception de l’Homme.
Je pense en particulier au mouvement ATD Quart Monde, ou encore aux communautés
d’Emmaüs où les laissés pour compte deviennent les acteurs de leur propre
développement. Même fondés par des prêtres, ces mouvements se veulent non
confessionnels. Qui peut nier cependant qu’ils soient profondément inspirés par
l’Evangile, qui met le petit, le pauvre, celui qui n’est rien, au centre de son
projet humain ?
Les chrétiens se doivent de rejoindre le combat de ceux qui partagent ce même
souci de la dignité de l’homme. Ils ont une motivation supplémentaire : Le
Christ auquel ils croient s’est fait lui-même petit parmi les petits, de sa naissance
dans une étable jusqu’à sa mort entre des brigands. Il a fait ainsi cause
commune avec les "damnés de la terre" pour que, selon la volonté du
Père, "’aucun de ces petits ne se perde.". Pour réaliser cet
idéal évangélique, le champ est aussi vaste que notre vaste monde. »
« Comme la brebis perdue, viens me chercher, me consoler,
me porter Seigneur. Laisse moi entendre ton invitation à la joie du retour et
donne moi force et courage pour t’aider à ramener ceux qui se sont
éloignés. »
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