La correction fraternelle ou réconciliation
fraternelle recommandée par Jésus dans cet évangile (Matthieu 18, 15-20) était
pratiquée dans les premières communautés chrétiennes qui évitaient d’exposer
leurs litiges à ceux qui les voyaient d’un mauvais œil, voir les persécutaient !
C’est pour nous une invitation de plus à ne pas juger,
à ne pas condamner, à ne pas se moquer ou dénoncer, à ne pas se sentir meilleur
ou supérieur. Au contraire, celui qui s’éloigne ou qui commet une faute reste
un frère ; « Est-il pour nous, demande sœur Bénédicte Rollin,
cette brebis perdue qui nous manque comme elle manque à Dieu ? »
Pardonner, comme demander pardon n’est pas chose
facile, c’est pourtant la preuve d’amour indispensable qui nous est demandée.
Dans sa lettre aux Romains (13, 8-10), saint Paul dit : « Frères, n’ayez de
dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les
autres a pleinement accompli la Loi. » Benoît Gschwind écrit dans son
commentaire : « L’apôtre Paul n’y va pas par quatre chemins.
C’est bien d’aimer qu’il s’agit. Aimer, c’est donner à l’autre l’espace de
liberté qui lui permettra de devenir pleinement lui-même. Aimer conduit
toujours avec patience et nécessité sur le chemin du pardon. Aimer, c’est
reconnaître l’autre dans son altérité, dans ce qui le fait différent de moi.
Quel intérêt avons-nous à pardonner si ce n’est de gagner un ami, un frère, si
ce n’est tout simplement de chercher à aimer, et, surtout, d’aimer comme le
Christ nous a aimés ? »
« Seigneur, tu sais combien il m’est douloureux de constater parfois
les manquements de mes frères et sœurs, surtout quand j’en suis victime.
Donne-moi ta sagesse pour juger avec discernement. Donne-moi ton regard de
miséricorde et d’espérance. Donne-moi part à la passion d’amour qui te fait
chercher chacun, même les plus petits et les plus lointains. » (Sœur Bénédicte Rollin).
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