« Par quelle autorité fais-tu cela ? »
Grands prêtres, scribes et anciens ne voient pas
d’un bon œil Jésus aller et venir dans le Temple, ni surtout y prendre la
Parole (Marc 11, 27-33), d’où leur question, « qui lui a donné autorité
pour chasser les vendeurs et pour parler ainsi dans le Temple. ? »
A malin, malin et demi ! Jésus n’est pas dupe,
ces gens qui le questionnent ne cherchent pas la vérité mais veulent affirmer
leur propre autorité. Alors Jésus répond par une autre question au sujet de
Jean-Baptiste ; quelle que soit leur réponse ils se trouvent piégés, ils
préfèrent dire : « Nous ne savons pas !
», parce qu’ils ont peur de la foule. Et le père Tardiff remarque dans sa
méditation : « Combien de fois
nous arrive-t-il de céder notre liberté et notre autorité – en tant que fils et
filles de Dieu – au qu’en dira-t-on, aux réseaux sociaux, au mensonge, au mal
et à la tentation ? Nous pouvons, nous aussi, perdre de vue qui fait
autorité dans nos vies et qui devrait exercer en nous cette autorité. Qui
exerce l’autorité suprême dans ma vie ? Est-ce le Seigneur ? À qui
est-ce que j’obéis ? »
Jésus ne s’impose pas comme Fils de Dieu, Il
les laisse avec leur question. C’est encore le Père Tardiff qui
écrit ; « le Seigneur choisit de laisser parler les signes qu’il
accomplit afin de solliciter la libre adhésion de leur foi. C’est à chacun de
nous d’accueillir librement l’autorité ou de la refuser. Mais le résultat de
notre choix ne sera pas neutre. Nous n’arriverons à notre plénitude en tant que
créature et enfant de Dieu que si nous laissons Dieu être pleinement Dieu dans notre
vie, c’est-à-dire à lui donner libre cours. Son action en nous est toujours
bienfaisante car il est amour. Donner autorité à quelqu’un d’autre ou à autre
chose qu’au Seigneur ne peut que mener aux multiples formes d’esclavage que
nous voyons si fréquemment dans le monde d’aujourd’hui. »
De son côté Christophe Roucou ajoute dans La
Croix : « L’Église fête aujourd’hui saint Justin, philosophe
du IIe siècle, qui, après avoir découvert le Christ, Logos de Dieu,
réfléchit à la vérité déjà présente partiellement avant la venue du Christ. Il
invente l’expression de « Semences du Verbe » répandues
avant et au-delà de l’Église. Il nous permet de comprendre que si les
interlocuteurs de Jésus raisonnent, ils ne sont pas à l’écoute de ce Logos de
Dieu qui, pourtant, est en eux. La foule, elle, en regardant et en écoutant
Jean-Baptiste puis Jésus discerne que leur parole vient de Dieu. L’Église,
depuis le concile Vatican II (1962-1965), inspiré par saint Justin, nous invite
à découvrir et reconnaître la parole de Dieu agissant à travers ces « Semences du Verbe » présentes dans les
personnes, les religions et les cultures de notre monde. Alors, nous pouvons
nous-mêmes vivre ces dialogues de salut et rendre grâce à Dieu pour ce qu’Il
réalise par son Esprit et sa Parole, aujourd’hui dans notre monde. »
« Seigneur Jésus, je veux
jouir de la liberté des enfants de Dieu en faisant de toi l’autorité suprême de
ma vie. Je te donne libre cours afin que tu puisses me combler de ta joie et de
tes bienfaits. Je renonce à toute autorité illégitime qui ne serait pas au
service du bien et de la vérité. Seigneur, donne-moi la grâce d’une plus grande
obéissance et docilité à ta très sainte volonté. » (Père Richard Tardiff, LC)
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