« Va d’abord te réconcilier avec ton frère »
Ne pas se contenter de la simple justice humaine, ne
pas se contenter de la Loi, sublimer tout çà par un amour véritable, par une
charité sans limite, c’est le sens de ce que veut nous dire Jésus quand Il
affirme : « Vous avez appris qu’il a été dit… Eh bien ! moi, je
vous dis ». Je n’ai tué personne au moins physiquement… mais j’ai
peut-être blessé quelqu’un par ma colère ou mes insultes, par mes critiques ou
mes moqueries. De cela je dois savoir demander pardon, je dois vouloir me réconcilier.
« Ce
à quoi Jésus appelle ici, écrit Michel Bertrand, est plus fondamentalement une
compréhension renouvelée du monde, de l’humain et de soi-même. Par-delà la
règle, il s’agit de s’ouvrir à la grâce de Dieu, à une justice qui dépasse les
logiques de ce monde. Lui seul permet de regarder l’autre à la fois comme
semblable et différent, de le respecter dans sa singularité, même quand elle
est dérangeante. Dieu seul peut ouvrir les yeux et les cœurs pour résister à
toutes les formes de rejet et de violence. À commencer par celles que l’on
qualifie de banales, la colère ou l’insulte, sans attendre leur forme ultime,
le meurtre. Il y a là pour le chrétien un chemin de conversion et de
vigilance. »
« Seigneur, fais de moi un
instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le
pardon.
Là où est la discorde, que je mette
l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette
l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la
lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la
joie.
Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant
à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à
l’éternelle vie. » (Prière de saint François
d’Assise)
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